Je m'appelle Élise Moreau et, comme beaucoup d'entre vous, j'ai déjà vécu ce moment délicat : demander une augmentation. Dans mon expérience, la différence entre un entretien stressant qui tourne en confrontation et une discussion sereine et productive tient souvent à la préparation et à la manière de rester factuel. Voici comment je m'y prends — et comment vous pouvez vous y prendre — pour maximiser vos chances sans froisser personne.
Pourquoi rester factuel change tout
Les émotions sont naturelles quand il s'agit d'argent et de reconnaissance. Pourtant, une discussion basée sur des faits — résultats, chiffres, comparaisons de marché — dépersonnalise la demande. Cela évite les jugements, diminue les défenses et permet au manager de s'appuyer sur des éléments concrets pour prendre une décision.
Préparer son dossier : les éléments incontournables
Avant d'entrer dans le vif du sujet, je prépare toujours un dossier clair. Voici ce que j'inclus systématiquement :
- Mes résultats chiffrés : objectifs atteints, dépassements, projets livrés (dates et impacts chiffrables).
- Exemples concrets : initiatives que j'ai prises, problèmes résolus, gains de productivité.
- Comparatif de marché : grilles salariales, offres similaires, données de sites comme Glassdoor, Indeed, ou études de cabinets (ex. Hays, Robert Half).
- Éléments de timing : ancienneté, date de la dernière augmentation, contexte de l'entreprise (résultats, budget RH).
- Proposition précise : une fourchette salariale réaliste et des alternatives (bonus, formation, flexibilité horaire).
J'imprime souvent une page synthétique que je peux remettre à mon interlocuteur : cela montre du sérieux et facilite la discussion.
Comment construire vos arguments — méthode pratique
Je structure mes arguments en trois parties courtes et factuelles :
- Ce que j'ai réalisé : phrase courte + chiffre (ex. "J'ai augmenté le taux de conversion de 18% sur la campagne X, ce qui a généré 45k€ de CA additionnel").
- Ce que je fais au quotidien : tâches et responsabilités au-delà de la fiche de poste.
- Ce que je demande : fourchette salariale et justification basée sur le marché.
Phrase-type que j'utilise souvent : "Sur les 12 derniers mois, mes actions ont permis X résultats mesurables. En regardant les postes similaires sur le marché et mon niveau de responsabilités, je vise une rémunération comprise entre Y et Z. Qu'en pensez-vous ?"
Choisir le bon moment et le bon cadre
Le timing est crucial. J'évite les périodes sensibles : bouclage des comptes, architecture budgétaire en plein chantier, ou mauvais trimestre. Les moments à privilégier :
- Après une réussite notable (livraison d'un projet, gain client).
- Lors des entretiens annuels ou à la clôture d'un cycle d'objectifs.
- Quand l'entreprise a communiqué des résultats positifs.
Je demande un rendez-vous en mentionnant l'objet de la discussion sans entrer dans les détails : "Pouvez-vous me consacrer 30 minutes pour faire le point sur mon évolution et ma rémunération ?"
Le ton et le langage : rester factuel sans être rigide
Je privilégie un ton professionnel, posé et ouvert. Quelques règles que j'applique :
- Parler en "je" et non en "on" pour assumer ses réalisations.
- Éviter les menaces (ne parlez pas de démission comme levier).
- Poser des questions ouvertes : "De quelle manière envisagez-vous mon évolution ici ?"
- Accepter d'écouter : si le manager expose des contraintes, je prends note et propose des solutions.
Gérer les objections — réponses factuelles
Lorsque le manager formule une objection, je réponds par des faits et propose des alternatives :
- Si le frein est budgétaire : proposer un échelonnement ou une augmentation variable (prime liée aux résultats).
- Si l'argument porte sur le manque d'expérience : proposer un plan d'objectifs et une réévaluation à 6 mois.
- Si la comparaison interne est évoquée : demander quelles compétences ou résultats sont attendus pour atteindre le palier supérieur, puis proposer un plan pour y parvenir.
Exemples concrets de formulations
Arguments d'ouverture :
- "Sur l'année écoulée, j'ai mené X, Y et Z, ce qui a représenté un gain de N% sur... Je souhaiterais qu'on revoie ma rémunération pour être alignés sur ces résultats."
- "D'après mes recherches, le salaire médian pour un poste similaire est de X. Je propose une fourchette entre Y et Z."
Réponse à une objection budgétaire :
- "Je comprends la contrainte budgétaire. Serait-il possible de convenir d'une augmentation différée, ou d'une prime liée aux résultats ? Je peux aussi travailler sur des objectifs clairs pour réévaluer dans 6 mois."
Suivi et formalisation
Après l'entretien, j'envoie toujours un e-mail de synthèse :
Exemple d'e-mail :
Bonjour [Prénom],
Merci pour notre entretien de ce jour. Pour résumer : nous avons évoqué [points clés]. Vous avez indiqué [décisions ou contraintes]. Je vous propose de formaliser [proposition retenue] et de nous revoir le [date] pour faire le point sur les objectifs convenus. Restant disponible pour toute précision.
Bien à vous, Élise
Outils et ressources que j'utilise
Pour les données de marché, je consulte :
| Source | Utilité |
| Glassdoor | Estimation de salaires par poste et entreprise |
| LinkedIn Salary | Comparatifs par secteur et région |
| Rapports RH (Hays, Robert Half) | Tendances annuelles et fourchettes |
Pour préparer mes chiffres, j'utilise un tableur simple avec : revenus générés, économies réalisées, temps investi. Cela transforme des anecdotes en preuves tangibles.
Si vous voulez, je peux vous fournir un modèle d'e-mail et une fiche de préparation à personnaliser pour votre situation. Dites-moi juste votre secteur et le niveau d'expérience, et je vous envoie ça.